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Jeudi 20 juillet 2006

Je viens faire mes adieux au Blog de la traversée de l'Atlantique.

MERCI à tous pour cette fabuleuse aventure que j'ai vécue derrière mon écran grâce à ce Blog alimenté très régulièrement d'informations intéressantes et de commentaires.

BRAVO à tous les navigateurs qui, en vivant une expérience extraordinaire et quelquefois très éprouvante m'ont fait palpiter ! J'ai préféré vivre la curiosité d'une telle expérience humaine, l'attente, l'angoisse, la joie et le bonheur de recevoir la moindre info derrière mon écran qu'à bord !

J'ai eu hier soir le récit "en live" d'Axel de la partie "les Açores/le Portugal"...et je peux vous dire que malgré la canicule, j'ai eu la chair de poule !

J'espère avoir bientôt le récit "en live" de Gilles et Glenn pour la partie "St Martin/les Açores".Le récit de ceux qui l'ont vécu est passionnant !

On dit qu'il y a une solidarité en mer, (quoique...la marine marchande !!!)  elle existe aussi sur terre et nous l'avons vécu tous réunis autour de ce Blog et via le téléphone et les mails qui ont bien fonctionné entre le 26 mai et l'arrivée au Partugal !

Je souhaite donc bonne continuation à "Vague à bond" et son équipage pour la poursuite de leur périple.

Quant à ceux qui souhaitent encore s'enrichir d'expériences marines derrière un écran ou un livre...je conseille la "nouvelle édition augmentée" du livre d'Antoine qui a fait 3 fois le tour du monde ..."Mettre les voiles avec Antoine" Editeur "Arthaud"...c'est Gilles qui nous en avait parlé...effectivement...à lire !

Par Pascaline - Publié dans : atlantique
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Mardi 18 juillet 2006
Je prends enfin le temps de faire un petit compte rendu de la traversée, avec 3 photos à rajouter au blog.
 
Traversée Açores-Portugal.
 
Enfin !.. J'ai retrouvé mes proches depuis deux jours, notamment ma petite femme ravie de constater que j'aie perdu mes poignées d'amour quelquepart dans l'atlantique
(5 kilos tout de même de perdus dans la bagarre !). J'ai eu le loisir de m'épancher et de raconter le calvaire/enfer/cauchemar de cette traversée, et par soucis de vérité, je me devais de raconter au plus vite sur le blog ce qui serait forcément édulcoré par l'oubli, quand on arrive à sourire de ce qu'on a enduré avec la grimace. Cette intro peut paraitre un peu exagérée, mais n'en croyez rien; j'ai ( nous avons ? ) probablement vécu la semaine la plus éprouvante de ma vie.
Comme le dit Gilles, ce genre d'expérience se vit mais ne se raconte pas. On passe forcément pour un mythomane, ou au contraire un conteur insipide. Je m'en tiendrai donc uniquement à quelques moments choisis...
Nuit du 13 au 14 , environ deux heures du matin.
J'ai pris mon quart à minuit,  quand Brigitte est allée se coucher. Ma première manoeuvre consiste à lacher toute la voile, génois et grand-voile partiellement enroulée car le vent est "tombé !" à vingt noeuds. En une heure de temps, le vent chute pour ne souffler qu'à moins de 10 noeuds et le soulagement que je devrais éprouver après cinq jours consécutifs de grosse mer et vents violents laisse la place au découragement: à ce moment, je n'ai qu'une obsession: toucher terre, car je n'ai rien avalé depuis cinq jours ( et ce n'est pas une vaine _expression !) et ne dort que par pointillés l'équivalent d'une heure ou deux par nuit. Autant vous le dire, j'ai autant de tonus qu'une méduse...
J'affale donc le génois et décide de mettre en marche le moteur. Le bateau file à 1 ou 1,5 noeuds puisque ce foutu vent à complètement cessé de souffler.Le diesel répond à la première sollicitation, et je me fixe à 2000 tours/minute. Une vague impression de se déplacer à la vitesse d'un bigorneau paralytique m'envahit, et après m'être frotté les yeux plusieurs fois, je suis obligé de constater que le loch indique une vitesse de 0.5 noeuds... Dans l'état où je me trouve, il me faudrait réfléchir bien longtemps avant de comprendre ce qui se passe, mais Joël ne m'en laisse pas le temps: je le vois monter dans le cockpit d'un pas mal assuré, venir à moi et me demander:"Brigitte n'est pas là ?". Ca peut vous donner une idée de la forme qu'il tient lui aussi, par ce qu'on se retrouve rarement à plusieurs à deux heures du matin pour discuter ces derniers temps... Devant ma mine effarée (dans le doute, j'ai quand même regardé si je n'étais pas assis sur ses genoux...) il m'annonce sans préambule: " il faut que je te dise...: on n'a plus d'hélice."
Je paierais cher pour voir ma tête à ce moment là. En une fraction de seconde, j'ai repensé à DeFunes et Bourvil dans une scène de La Grande Vadrouille ( contemplant un planeur, ils s'exclament "y'a pas d'hélice hélas, c'est là qu'est l'os "... Mais là franchement,...pas drôle !
Flash back:   L'avant veille, allongé ( presque debout devrais-je dire à cause de la gîte ) sur ma couchette, j'avais remarqué que la pompe de cale au niveau du moteur fonctionnait de façon continue. Il est normal d'embarquer un peu d'eau dans les fonds par gros temps, mais un déclenchement épisodique de la pompe suffit normalement. J'avais donc ouvert la trappe moteur, détecté quelques centimètres d'eau dans le fond , et alerté Joël car si ce n'était pas inquiétant, c'était anormal.
Mon bon capitaine a eu alors la délicatesse de garder pour lui ce qu'il a vu, puisque dans l'état dans lequel je me trouvais, ça n'aurait pas arrangé mon moral...). Joël s'est donc retrouvé avec un joli vide à l'endroit où aurait du se trouver l'arbre d'hélice.: grand moment de solitude... Le diagnostique est rapide: plus d'arbre donc plus d'hélice donc plus de moteur, et à la place, une jolie voie d'eau qui ne demande qu'à s'installer à bord...un joli bouchon en bois fera donc l'affaire pour colmater, et Joël gardera pour lui tout seul pendant deux jours cette information. Bravo pour son courage, car partager ça lui aurait fait surement du bien , mais il a préféré endurer tout seul et ne pas nous inquiéter.
Bien! Retour à cette fameuse nuit du 13 au 14 où Joël et moi envisageons le peu de possibilités qui nous restent. Il faut dire qu'on n'a pas beaucoup d'atouts en main: pas de vent, pas de moteur, la côte à environ 80 milles nautiques, trop loin pour avertir par vhf, et le satellite qui n'émet plus depuis quelques jours. Que du bonheur !
J'oublie juste un détail: nous avons eu la bonne idée de renoncer à être manoeuvrant au beau milieu des rails montant et descendant de Gibraltar qu'empruntent tous les cargos déboulant à vingt noeuds dans la nuit noire... J'en profite pour adresser un grand merci à la marine marchande en général, et à la demi douzaine de cargos en particuliers dont aucun n'a daigné répondre à nos appels radios . Enfoirés...(terme technique utilisé par les marins pour regretter le manque de solidarité, vertu qui siérait pourtant si bien à ce genre de situation.)
Ce sont mes appels radios répétés qui ont fini, sinon d'alerter un cargo, de réveiller Brigitte. En titubant et les cheveux en bataille, elle demande à Joël:"qu'est-ce que ça veut dire au juste, pan, pan pan ?( prononcer "panne") . Après un moment de flottement, Joêl lui annonce notre avarie, et là, j'ai haluciné: redoutant tout ou presque, ( une moins courageuse en aurait lachement profité pour faire une crise de nerfs ou arracher les yeux de son mari...) Brigitte n'a strictement rien dit, s'est retournée, et est allée se coucher. Somnanbulisme, déni de la réalité, fatalisme ? Mais l'effet était assez étonnant.
Bref et pour faire court, après quelques heures à gamberger et quelques misérables milles parcourus, Super Magic Jojo est arrivé. Il a plongé sous le bateau pour constater le miracle: l'arbre coincé sous la coque, trois pales de l"hélice endommagées, mais a réussi à ramener l'arbre dans son logement et à fixer le tout sur le moteur. Réparation efficace avec les moyens du bord, ce qui m'a valu de déplorer: " si t'étais pas si barbu, je t'embrasserais sur les deux joues! "
Nous avons donc pu rejoindre la côte après quelques heures de moteur, et toucher enfin Lagos où j'ai quitté mes deux amis.
 
Outre cette anecdote, il me restera des images fortes bien sûr: des déferlantes, des lames qui balaient le pont au point que l'eau rentrait par mon hublot de pont pourtant censé être hermétique, le bruit constant de Vague à Bond contraint de taper dans les creux après avoir escaladé des vagues impressionantes, le froid pendant une semaine alors que je venais de quitter la canicule Lyonnaise...
Mais enfin, je retiendrai surtout l'aptitude de Joël et Brigitte à encaisser toutes ces galères (il y en a eu bien d'autres...), les ressources physiques pour tenir les quarts dans un manque de confort ( vêtements et sacs de couchages moulliés ) et une sous alimentation qui ont rendu ces épreuves véritablement épuisantes pour nous trois.
Mention spéciale, vraiment, pour Brigitte, qui ne pensait pas elle même pouvoir endurer ça, tenir les quarts, et surmonter sa peur pour assurer la bonne marche du bateau.
Bon vent à tous les deux et à bientôt pour une autre croisière, à condition que la côte soit à portée de gaffe !..
Axel.
 
 
Par Axel - Publié dans : atlantique
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Samedi 15 juillet 2006

Le système de communication n'a plus transmis la position du du bateau depuis Dimanche 09 à 15h41 .....d'où une inquiètude très forte ....et la difficulté d'écrire une page sur le blog ! Toutes les recherches d'informations ont été vaines  , jusqu'à ce que Axel se fasse entendre au téléphone hier après-midi pour dire que la terre était en vue : ouf ! En résumé nous avons compris que : ils ont eu une mer agitée , un temps froid , un problème moteur ( arbre d'hélice dessolidarisé ? ) Après la réparation du problème mécanique et l'approche des côtes les conditions se sont améliorées : tenues plus légères repas plus complets . . . Enfin , ils ont accosté à Lagos ( plus près que Faro dont l'accès se fait par une  longue embouchure ) sûrement très fatigués !

Axel est sur le retour et il nous donnera plus de détails très rapidement .

Nous voilà soulagés après une semaine éprouvante ...pour tous !

 

Par colette - Publié dans : atlantique
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Mercredi 12 juillet 2006

Maintenant  c'est au tour de  Fanette d'attendre ( environ 8 à 10 jours pour cette traversée ) Tout le monde prend part à son état de femme de marin esseulée et particulièrement  Véronique et moi .

C'est la pleine lune , si le ciel est dégagé les quarts de nuit seront lumineux donc plus agréables ( dixit Gilles )

Voici des photos des préparatifs d'Axel et un petit commentaire de Fanette :

En tout cas, Axel a longtemps hésiter à glisser Lisa dans un de ses sacs où, vu la taille, elle aurait presque pu tenir...
Quand à moi, je me lamentais (déjà) sur mon sort de femme de marin eppleurée....
" C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme, 
Moi, mon axel, elle me l'a pris, je me souviens, un jeudi" (cf Renaud)
Gros bisous à Lisa ...qui attend aussi !
Par colette - Publié dans : atlantique
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Mardi 11 juillet 2006

Pendant notre visite des Açores nous avons été sollicités par nos épouses , à juste titre quand on voit l'intérêt que ce blog et notre traversée ont suscités , d'écrire quelque chose : ce que l'on pense , ce que l'on ressent ... enfin tout quoi .

Joël n'est pas écrivain , Glenn se retranche derrière la modestie britannique ( erreur : néo-zélandaise ) alors je vais essayer de m'écouter écrire .

- Tout d'abord la surprise quand on a vu la photocopie du blog . Nous avions pensé seulement à l'information donnée par skymate sur l'avancement du voyage , tant que ça avance , ça va .

-  Cela fait 3 jours que je suis sur la terre ferme et je n'ai pas pu rassembler ce qu'il y a dans ma tête .

- Mes coéquipiers me manquent , voir leur tête en bataille le matin ou quand ils se levaient après avoir essayé de récupérer de la nuit ( endormissement , réveil pour le quart , re-endormissement dans le bruit de l'intérieur du bateau ). Ceci tous les jours sans interruption . Au début ( je parle pour moi ) j'étais réveillé avant l'heure du quart , puis il a fallu m'appeler et puis me secouer pour me réveiller .

- Le très gros stress quand le démarreur n'a plus fonctionné . Pas de cri , de protestation , une grosse déception pour Joël et Glenn ( et moi aussi ) mais un calcul rapide devant une eau aussi plate qu'une flaque .

La JOIE quand tout a refonctionné.........

- L'arrivée sur Horta avec de nouveau " les ratatouilles " du moteur ( vent dans le nez d'abord  puis la hâte d'arriver  = moteur ) . Vous devez penser qu'un voilier a des voiles , mais il vaut mieux avancer au moteur que  reculer à la voile ( SI : c'est possible ! ! ! ).

- La terre aperçue de loin est longue à atteindre ( au moins 10 heures ) .

                        Je parle pour moi maintenant .

Je ne me suis jamais ennuyé de ne voir que de l'eau ( peut-être est-ce l'habitude du vol à voile : des heures en l'air en ne regardant que le ciel , mais on voit quand même la terre ) sans repaires on avance dans la même rondelle d'eau . Si on ne regarde pas la vague d'étrave on peut croire qu'on est immobile . Va-t-on dans la bonne direction , sur la bonne route... on se rassure en regardant la trace sur la carte et le G P S qui nous emmène vers la terre .

- Mais pour dire ce qui se passe dans ma tête , je ne peux pas . Il faut le vivre . le faire ...

Je referai  une traversée , une autre ... pas pour le plaisir , comme quand on mange un plat de lasagnes odorantes , mais pour le plaisir de se dire qu'on l'a fait , que cela s'est bien passé ... On a eu de la chance ou on a favorisé la chance . Il est facile de dire vous avez eu de la chance quand on a pas pris le risque de traverser tant d'eau .

Et quand on parle avec d'autres marins qui ont traversé , on apprécie les remarques ou les anecdotes , car on a souvent vécu les mêmes mais pas tout a fait de la même façon .

                         Voilà , encore merci pour vous être tant souciés de nous .

Un marin c'est un contemplatif peu bavard , mais bavard avec d'autres marins : l'ambiance des ports où arrivent les voiliers de voyage est un monde à part , un peu comme un aimant ou une drogue .

..............Venez avec nous la prochaine fois ...........Vous verrez des baleines énormes frôlant le bateau , des bancs de dauphins bondissants ...

Je rigole ! ! !  on a pas vu de baleine et seulement quelques dauphins .

Par Gilles - Publié dans : atlantique
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