Traversée en voilier de Saint Martin ( Antilles ) aux Açores ; escale et croisière dans ces îles ; puis traversée vers le sud du Portugal
Pendant notre visite des Açores nous avons été sollicités par nos épouses , à juste titre quand on voit l'intérêt que ce blog et notre traversée ont suscités , d'écrire quelque chose : ce que l'on pense , ce que l'on ressent ... enfin tout quoi .
Joël n'est pas écrivain , Glenn se retranche derrière la modestie britannique ( erreur : néo-zélandaise ) alors je vais essayer de m'écouter écrire .
- Tout d'abord la surprise quand on a vu la photocopie du blog . Nous avions pensé seulement à l'information donnée par skymate sur l'avancement du voyage , tant que ça avance , ça va .
- Cela fait 3 jours que je suis sur la terre ferme et je n'ai pas pu rassembler ce qu'il y a dans ma tête .
- Mes coéquipiers me manquent , voir leur tête en bataille le matin ou quand ils se levaient après avoir essayé de récupérer de la nuit ( endormissement , réveil pour le quart , re-endormissement dans le bruit de l'intérieur du bateau ). Ceci tous les jours sans interruption . Au début ( je parle pour moi ) j'étais réveillé avant l'heure du quart , puis il a fallu m'appeler et puis me secouer pour me réveiller .
- Le très gros stress quand le démarreur n'a plus fonctionné . Pas de cri , de protestation , une grosse déception pour Joël et Glenn ( et moi aussi ) mais un calcul rapide devant une eau aussi plate qu'une flaque .
La JOIE quand tout a refonctionné.........
- L'arrivée sur Horta avec de nouveau " les ratatouilles " du moteur ( vent dans le nez d'abord puis la hâte d'arriver = moteur ) . Vous devez penser qu'un voilier a des voiles , mais il vaut mieux avancer au moteur que reculer à la voile ( SI : c'est possible ! ! ! ).
- La terre aperçue de loin est longue à atteindre ( au moins 10 heures ) .
Je parle pour moi maintenant .
Je ne me suis jamais ennuyé de ne voir que de l'eau ( peut-être est-ce l'habitude du vol à voile : des heures en l'air en ne regardant que le ciel , mais on voit quand même la terre ) sans repaires on avance dans la même rondelle d'eau . Si on ne regarde pas la vague d'étrave on peut croire qu'on est immobile . Va-t-on dans la bonne direction , sur la bonne route... on se rassure en regardant la trace sur la carte et le G P S qui nous emmène vers la terre .
- Mais pour dire ce qui se passe dans ma tête , je ne peux pas . Il faut le vivre . le faire ...
Je referai une traversée , une autre ... pas pour le plaisir , comme quand on mange un plat de lasagnes odorantes , mais pour le plaisir de se dire qu'on l'a fait , que cela s'est bien passé ... On a eu de la chance ou on a favorisé la chance . Il est facile de dire vous avez eu de la chance quand on a pas pris le risque de traverser tant d'eau .
Et quand on parle avec d'autres marins qui ont traversé , on apprécie les remarques ou les anecdotes , car on a souvent vécu les mêmes mais pas tout a fait de la même façon .
Voilà , encore merci pour vous être tant souciés de nous .
Un marin c'est un contemplatif peu bavard , mais bavard avec d'autres marins : l'ambiance des ports où arrivent les voiliers de voyage est un monde à part , un peu comme un aimant ou une drogue .
..............Venez avec nous la prochaine fois ...........Vous verrez des baleines énormes frôlant le bateau , des bancs de dauphins bondissants ...
Je rigole ! ! ! on a pas vu de baleine et seulement quelques dauphins .
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Merci de ce beau témoignage... J'en ai la chair de poule!!! et j'espère qu'Axel reviendra avec de si jolies choses à raconter et cela me persuade encore que, malgré la séparation (certes plus courte que la votre avec vos moitiés respectives), il est en train de vivre une expèrience inoubliable... même s'il aurait préféré la vrai transat....
femme de marin esseulée!!!
Bravo aux moussaillons .....qui n'en sont plus.
Laurent